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Vente à emporter et livraison sans commission de plateforme : le calcul

Les plateformes de livraison apportent des clients, mais prennent une part de chaque commande. Pour une pizzeria qui vend 40 commandes par semaine, cette part dépasse vite le loyer d'une place de parc. Voici le calcul, et ce qu'il faut pour vendre en direct.

Mis à jour le

En bref. Selon les chiffres publiés en Suisse, une plateforme de livraison prélève de l’ordre de 11 à 18 % quand le restaurant livre lui-même, et jusqu’à 30 % ou plus quand la plateforme livre. Pour 40 commandes à 35.– par semaine, cela représente entre 850.– et 1’820.– par mois. Vendre en direct coûte beaucoup moins cher, mais demande quatre choses : une commande en ligne, un moyen de paiement, des règles de livraison claires, et une organisation pour le coup de feu.

Combien prend une plateforme

Les plateformes ne publient pas leurs conditions : elles se négocient contrat par contrat et changent avec le temps. Les chiffres publics les plus précis que nous avons trouvés pour la Suisse datent de 2020 :

  • selon la SRF, des restaurateurs indiquaient que eat.ch (aujourd’hui Just Eat) prélevait entre 11 et 18 % du montant de la commande, et jusqu’à près d’un tiers quand les coursiers de la plateforme livrent ;
  • selon un professeur de l’Université de Genève, 30 à 40 % du prix de vente d’un plat partent à la plateforme quand elle assure la livraison.

Ces pourcentages sont des ordres de grandeur, pas votre contrat. Relisez le vôtre : le taux, mais aussi les frais d’inscription, les frais de marketing ou de mise en avant, et qui paie les remboursements quand une commande arrive froide.

L’exemple : 40 commandes par semaine

Prenons une pizzeria de quartier qui vend 40 commandes à emporter ou en livraison par semaine, avec un panier moyen de 35.–. Cela fait 1’400.– de ventes par semaine, environ 6’070.– par mois (une année compte 52 semaines, soit 4,33 semaines par mois).

Par semaine Par mois
Ventes 1’400.– 6’070.–
Commission à 14 % (le restaurant livre) 196.– 850.–
Commission à 30 % (la plateforme livre) 420.– 1’820.–

À 30 %, la pizzeria cède chaque mois l’équivalent de 52 pizzas à 35.–. Et la commission se calcule sur le prix de vente, alors que votre marge, elle, se calcule après la farine, le fromage, l’emballage et le salaire du pizzaïolo.

Ce que la plateforme vous apporte

Il serait malhonnête de ne compter que la commission. Une plateforme vous apporte aussi :

  • des clients qui ne vous connaissaient pas, parce qu’ils cherchent « pizza » dans l’app et vous trouvent ;
  • des coursiers, si vous n’avez ni scooter ni personne pour livrer ;
  • le paiement, encaissé par la plateforme puis reversé.

Vendre en direct ne remplace pas la vitrine. La stratégie la plus courante est donc mixte : rester visible sur une plateforme pour les nouveaux clients, et proposer aux habitués de commander directement chez vous. Un client qui a déjà commandé trois fois sait où vous trouver ; inutile de payer une commission pour qu’il vous retrouve une quatrième fois.

Ce qu’il faut pour vendre en direct

Une commande en ligne

Le téléphone qui sonne en plein service, c’est une erreur de commande assurée et un pizzaïolo qui s’arrête. Il vous faut une page où le client choisit ses plats, ses options et l’heure de retrait, avec un lien sur votre site et un QR code sur le comptoir, les flyers et les boîtes.

Un moyen de paiement

Deux possibilités : le client paie en ligne au moment de commander, ou il paie à la remise, en espèces ou par carte. Le paiement en ligne évite les commandes fantômes, mais il a un coût : chez SumUp, par exemple, les paiements en ligne coûtent 2,50 % en Suisse. Sur 1’400.– de ventes par semaine, c’est 35.– si tout est payé en ligne. On reste loin d’une commission de plateforme.

Des règles de livraison claires

Si vous livrez, fixez trois choses avant la première commande :

  • les zones, par numéro postal : jusqu’où votre livreur va-t-il sans y passer la soirée ?
  • les frais par zone : 5.– en ville, 8.– pour le village voisin ;
  • le minimum de commande, par exemple 30.– : en dessous, une livraison risque de coûter plus qu’elle ne rapporte.

Et n’oubliez pas le livreur lui-même : salaire, véhicule, assurance. C’est le poste qu’une plateforme prend en charge quand elle livre, et c’est ce qui justifie l’écart entre 14 % et 30 %.

Une organisation pour le coup de feu

Le vendredi à 19 h, quinze commandes arrivent en vingt minutes. Il faut annoncer au client un délai honnête (« prête vers 19 h 40 » plutôt que « 20 minutes » quand le four est plein), fixer des horaires de commande, et que chaque commande sorte en cuisine sans être recopiée. Un ticket imprimé et un écran avec les numéros prêts évitent que le comptoir devienne un guichet de questions.

Ce que fait l’option à emporter et livraison de Mesero

L’option « À emporter et livraison » s’ajoute à l’offre Service de Mesero. Ce qu’elle fait aujourd’hui :

  • Commande en ligne depuis un lien à mettre sur votre site ou un QR à imprimer pour le comptoir, à emporter, en livraison, ou les deux.
  • Zones de livraison par NPA, chacune avec ses frais et son minimum de commande. Hors zone, le client ne peut pas commander en livraison ; sous le minimum, il lit combien il lui manque.
  • Délais annoncés au client (« prête vers 18:25 ») et horaires de commande : en dehors, la carte se consulte mais rien ne part.
  • Paiement en ligne, ou en espèces ou par carte à la remise, selon ce que vous acceptez. Le paiement en ligne passe par votre propre compte Payrexx ou SumUp : l’argent arrive chez vous, sans commission Mesero. Une commande payée en ligne n’arrive en cuisine qu’une fois le paiement confirmé.
  • Dans l’app du personnel, un onglet « À emporter » avec le nom, le téléphone et l’heure voulue de chaque client ; les tickets sortent sur vos imprimantes.
  • Un écran des numéros à afficher au comptoir, et une page de suivi pour le client (« En cours de préparation », « Prête pour le retrait », « En route vers vous »). Ses coordonnées sont effacées 30 jours après.

Ce qu’elle ne fait pas : Mesero n’est pas une place de marché, n’amène pas de nouveaux clients et ne fournit pas de livreurs. Et si vous annulez une commande déjà payée en ligne, le remboursement se fait chez votre prestataire de paiement.

Le coût, pour la pizzeria de l’exemple : Service à 49.– plus l’option à 29.–, soit 78.– par mois. Pour payer en ligne, ajoutez l’option paiement (19.–), ou prenez l’offre Complet à 79.– qui comprend les deux. Avec 2,50 % de frais de paiement sur tout, on arrive à environ 230.– par mois, contre 850.– à 1’820.– de commission. Les prix détaillés sont sur la page Tarifs, et la prise de commande en salle sur la page Commande à table. Pour le calcul côté salle, lisez aussi Commande à table par QR code : ce que ça rapporte.

Sources

  1. SRF, « Lieferdienste im Aufwind » (31 mai 2020) : commissions d'eat.ch
  2. Université de Genève, Avis d'experts : livraison de repas à domicile (26 juin 2020)
  3. SumUp Suisse, tarifs (paiements en ligne)

Votre carte est sur la table ? Prenez-la en photo.

Quelques minutes plus tard, votre menu QR est prêt à être imprimé. Sans compte pour essayer, sans carte bancaire pour publier.