En bref. Traduisez le nom et la description des plats, les rubriques et les allergènes. Gardez tels quels les noms propres et les spécialités régionales, en ajoutant une courte explication. Pour l’allemand, utilisez les mots de Suisse alémanique. Et gardez les mentions obligatoires au moins dans une langue officielle.
Pourquoi traduire, chiffres à l’appui
En 2025, la Suisse a compté 43,9 millions de nuitées hôtelières, dont 22,8 millions d’hôtes venus de l’étranger : plus d’une sur deux. Dans le canton de Vaud, la clientèle étrangère représente 49 % des nuitées. Ces hôtes mangent au restaurant.
Et pas seulement les touristes : 12 % de la population résidente n’a aucune langue nationale parmi ses langues principales, selon l’Office fédéral de la statistique. Une carte en français seulement laisse une partie de la salle commander au hasard, ou demander au serveur ce que sont des « malakoffs ».
Ce qu’il faut traduire
- Le nom du plat, quand il a un équivalent clair : « Salade mêlée » devient « Gemischter Salat », « Insalata mista », « Mixed salad ».
- La description, qui est souvent la partie la plus utile : la garniture, la cuisson, la sauce.
- Les rubriques : Entrées, Plats, Desserts, Vins.
- Les allergènes, plat par plat : un client allergique doit pouvoir les lire dans sa langue.
- Les options et suppléments : la cuisson de la viande, le choix de l’accompagnement.
Ce qu’il faut garder tel quel
Les noms propres et les spécialités se gardent, avec quelques mots d’explication. Traduire « croûte au fromage » mot à mot donne un « cheese crust » qui ne dit rien de ce qui arrive dans l’assiette. Mieux vaut garder le nom et expliquer :
- Croûte au fromage : en allemand, « Käseschnitte » est le nom courant en Suisse ; en anglais, « baked cheese toast (bread, white wine, melted cheese) ».
- Papet vaudois : gardez le nom, et ajoutez « poireaux, pommes de terre et saucisse aux choux », traduit.
- Les vins et les appellations ne se traduisent jamais : Chasselas, Lavaux, Gamay, Gruyère AOP.
- Rösti se dit rösti dans toutes les langues.
Les pièges de l’allemand de Suisse
Un traducteur automatique réglé sur l’allemand d’Allemagne choisit souvent le mauvais mot pour un client de Zurich ou de Berne. Quelques exemples courants :
| Français | En Suisse alémanique | En Allemagne |
|---|---|---|
| filets de perche | Eglifilets | Barschfilets |
| crème | Rahm | Sahne |
| poulet | Poulet | Hähnchen |
| carottes | Rüebli | Karotten |
| rampon, mâche | Nüsslisalat | Feldsalat |
| purée de pommes de terre | Kartoffelstock | Kartoffelpüree |
| glace | Glace | Eis |
| poivron | Peperoni | Paprika |
Un client alémanique comprend aussi l’allemand d’Allemagne, bien sûr ; mais « Eglifilets » sur la carte lui dit qu’il est attendu.
Les mentions obligatoires restent dans une langue officielle
La provenance de la viande et du poisson, les mentions sur les hormones ou les allergènes « sur demande » doivent figurer au moins dans une langue officielle (ODAlOUs art. 39, par analogie avec l’art. 36). Une carte en français à Zurich est conforme ; une carte uniquement en anglais est risquée. La traduction s’ajoute à la langue d’origine, elle ne la remplace pas. Tout le détail dans notre guide Ce que votre carte de restaurant doit indiquer en Suisse.
Relire avant de publier
Une traduction automatique se relit, au moins pour les noms de plats et les allergènes. Trois questions suffisent :
- Un client qui ne parle que cette langue comprend-il ce qui arrivera dans l’assiette ?
- Les spécialités ont-elles gardé leur nom ?
- Les allergènes sont-ils tous traduits ?
Dans Mesero, la carte se traduit automatiquement en allemand, en italien et en anglais à partir du français. Vous relisez chaque langue dans un aperçu qui montre la carte telle que vos clients la verront. Et quand un plat change, il suffit de relancer la traduction : pas de quatre cartes à réimprimer.